L’Internationale Francophone du Dialogue Social (IFDS), en partenariat avec CNV Internationaal, a conduit une étude en 2019 sur la pratique et le fonctionnement du dialogue social en Guinée, au Mali et au Niger. L’objectif était d’identifier les forces, faiblesses et pistes d’amélioration du dialogue social dans ces trois pays francophones d’Afrique de l’Ouest, souvent confrontés à des crises sociales récurrentes.
Constats majeurs
L’étude révèle que, malgré des avancées institutionnelles, le dialogue social demeure fragile et inégalement développé selon les pays. Les principaux déficits relevés concernent :
– le non-fonctionnement régulier des organes de dialogue social ;
– le manque de formation des acteurs en négociation collective ;
– l’insuffisance de ressources financières et institutionnelles ;
– la faible volonté politique et la non-détermination de la représentativité syndicale ;
– l’émiettement du mouvement syndical.
Recommandations par pays
• En Guinée : rendre fonctionnel le Conseil national du dialogue social, adopter une Charte nationale du dialogue social et créer une École nationale d’administration pour renforcer les capacités des cadres publics.
• Au Mali : organiser un Forum social national, assurer la représentativité syndicale et garantir le fonctionnement régulier des organes tripartites.
• Au Niger : évaluer et rationaliser les organes de dialogue, les doter de moyens de fonctionnement durables et renforcer la formation des acteurs.
Une stratégie régionale et un rôle clé de l’IFDS
L’étude préconise une coopération technique sous-régionale, notamment entre la Guinée et le Mali, pour mutualiser les efforts et bénéficier d’un appui coordonné. Elle souligne également le rôle crucial de l’IFDS et de la coopération internationale dans la mise en œuvre des recommandations, la formation des négociateurs et la consolidation d’une culture du dialogue social durable, condition essentielle à la paix sociale et au développement.

